Bien que le blocus des salariés de Bronzo ait été levé mercredi soir, suite à la capitulation soudaine d’Eugène Caselli, il faudra plusieurs jours aux éboueurs pour débarrasser la ville des tas d’ordures qui la jonchent. Une opération de nettoyage de grande envergure, tant les déchets se sont accumulées autour des containers et des poubelles dans tous les quartiers de Marseille, en l’espace de six jours de conflit.
Alors, enfin la fin de « poubelle la vie » ? Pas si sûr… Car l’histoire semble aller un peu plus loin que ce qu’elle n’en laisse paraître.
En effet, la volte-face subite de la part du président MPM suscite l’interrogation : comment a-t-il pu céder aux exigences de grévistes illégitimes qui dénonçaient les conclusions d’un appel d’offres défavorable à leur entreprise ? Pourquoi a-t-il si brusquement changé de position, alors qu’il annonçait la veille qu’il était prêt à engager le bras de fer ? Pourquoi les forces de police ne sont pas intervenues pour déloger des bloqueurs qui outrepassaient leur droit de grève ?
Rue89 donne quelques éléments de réponse pour le moins troublants : la décision d’Eugène Caselli pourrait bien être la seule solution pour casser une décision de la CAO qui serait venue contrecarrer les plans initiaux d’une réattribution de la collecte des déchets de Marseille arrangée à l’avance… Un scénario pas si tordu que ça, surtout quand on sait que la gestion des déchets est l’un des plus gros enjeux de la politique marseillaise. Pas étonnant que la ville soit si sale !
Quoi qu’il en soit, les marseillais devraient pouvoir espérer un retour à la normale dès mardi prochain, le temps qu’éboueurs et cantonniers puissent nettoyer quartier par quartier, rue par rue, les petits ratés de cette manipulation mafioso-politico-stratégique…



