Après une tentative manquée l’an dernier avec l’épisode grippe aviaire H1N5, le gouvernement nous a remis copieusement le couvert cette année avec la grippe aviaire H1N1, plus couramment appelée grippe A, un sobriquet court, sonnant bien à l’oreille, facile à faire mémoriser par la population.
Certes, il faut reconnaître que cette campagne médiatique était bien mieux préparée cette année, soigneusement orchestrée en étapes successives, elles-mêmes exposées de manière très pédagogue, histoire d’accaparer tous les esprits de manière permanente et de distiller le trouble afin de convaincre la population de l’utilité d’aller se faire vacciner.
Mais il faut croire que tout cet emgambi, comme on dit à Marseille, autour d’un virus qui n’est QUE celui de la grippe après tout, n’a pas mené au succès escompté. Tel un mauvais film catastrophe, la population s’est lassée, malgré les tentatives de relances successives prenant source au coeur même de nos faits divers les plus marquants (on se souviendra notamment du fiasco OM-PSG).
Un semi-échec illustré par cette photo, prise sur un trottoir du boulevard de la Blancarde. Car ça y est, les habitants du quatrième arrondissement viennent tout juste de recevoir leur bon de vaccination, signés de la main même de notre ministre de la Santé et des Sports, Roselyne Bachelot-Narquin (vive les photocopieuses).
Une lettre touchante, jouant sur notre responsabilité vis à vis de nos proches, accompagnée de la liste des centres de vaccination à Marseille les plus proches, comme pour influer encore un peu sur la prise de décision.
Une décision que ce marseillais indélicat, dont on aura flouté le nom malgré son incivisme, n’a manifestement pas prise, déchirant simplement le courrier en deux en signe de désintérêt, voire de mépris, comme pour dire « Stop aux virus à l’arnaque de la grippe ».



