Marseille : des appartements couleur sauce tomettes

Fabriquée à base d’argile rouge extraite des gisements de Salernes, dans le Haut-Var, la tomette marseillaise, ou tomette de Salernes, est un revêtement de sol provençal traditionnel. Légère et résistante, elle permet notamment d’obtenir un sol très lisse grâce à un mode d’emboîtement ne laissant que peu de joint, du fait de sa forme hexagonale.

Typique de la région phocéenne, c’est notamment dans les anciens immeubles marseillais qu’il est possible d’observer la tomette provençale, à la couleur surprenante, presque envoûtante.

C’est d’ailleurs dès la cage d’escalier étroite et sans ascenseur de ces maisons de quartiers typiques et sans charme que le ton est donné : les marches, délimitées par une planche de bois dont le vernis est passé depuis longtemps, sont carrelées de tomettes foncées, qui, avec le mauvais éclairage ambiant donnent un aspect presque lugubre aux lieux. On y trouvera à coup sûr quelques tomettes décollées sous l’effet le temps et du passage régulier des résidents de la bâtisse, reconnaissables à leur bruit de terre cuite caractéristique sous le pied.

Et puis l’on pénètre dans l’un de ces appartements marseillais : plafonds hauts, cheminées condamnées dans chaque pièce, et pour peu que le sol ait été laissé en l’état, toujours ces fameuses tomettes rouges traditionnelles, lustrées, glissantes. Par-ci, par-là, quelques tomettes plus foncées se détacheront de l’ensemble, signe d’un sol plus entretenu que celui de la cage d’escalier. Éclairées par le soleil, elles dégagent une ambiance beaucoup plus chaude, surprenante pour un carrelage prisé en Provence pour sa fraîcheur permanente.

Et si la tomette marseillaise a connu un fort déclin après la seconde guerre mondiale, elle est aujourd’hui remise à l’honneur dans un contexte immobilier en forte expansion, permettant de conférer aux logements anciens un charme provençal… qui ne laisse jamais de marbre !

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