Un petit weekend à Dublin ? Quelques jours à Londres ? Envie de connaître les Pays-Bas ? Si Marseille se situe seulement à quelques heures de vol des principales villes européennes, encore fallait-il que ces dernières soient desservies régulièrement depuis l’aéroport Marseille-Provence, et ce à des tarifs adaptés au porte-monnaie des Marseillais en quête de découvertes…
C’est désormais chose faite, puisque MP², première aérogare low-cost d’Europe, a ouvert ses portes (d’embarquement) courant 2006, offrant ainsi l’infrastructure minimale mais suffisante pour permettre aux compagnies aériennes low-cost telle Ryanair d’exercer leur activité sur le site de Marignane.
Et avec pas moins de 1,67 million de passagers recensés sur l’année 2009, tout porte à croire que l’implantation du terminal MP² est un véritable succès tant sur le plan économique que culturel : qui a dit que les Marseillais n’étaient tournés que vers eux-même et la Méditerranée ? Il n’aura jamais été aussi facile pour nous autres Marseillais ainsi que pour nos voisins proches (Aixois, …) et moins proches (c’est tout un bus de collégiens montpelliérains que nous avons rencontré dans l’avion) de gagner les diverses capitales d’Europe… Soit pas moins de 26 destinations !
Et comme en témoigne le rythme effréné des départs et arrivées des avions au logo jaune et bleu, qui à peine atterris s’apprêtent déjà à redécoller, il sembleraient que les Provençaux ne s’en privent pas : vacanciers ou professionnels, jeunes ou moins jeunes, c’est une nouvelle catégorie de voyageurs qui s’est créée si l’on en croit les discussions auxquelles on peut prendre part dans la file d’attente d’embarquement.
A l’inverse, si les Marseillais ont désormais la possibilité de s’évader plus facilement vers des destinations « exotiques », le terminal MP² permet également de faciliter l’accès à la Provence aux étrangers. Et de fait, les navettes assurant les liaisons entre l’aéroport et les principales gares environnantes ne manquent pas de vanter les attraits touristiques de toute la région, depuis les calanques de Cassis jusqu’aux plages camarguaises en passant par les arènes d’Arles… La moindre des choses quand il s’agit de faire bénéficier la région de quelques 550 millions d’euros de retombées économiques !
Reste que si ce terminal low-cost est un formidable tremplin touristique faisant partie intégrante du dispositif que Marseille-Provence essaye de mettre en place, incluant l’amélioration de son réseau TGV, une ombre se dresse au tableau : voyant son lobby s’effondrer, Air France essaye d’affaiblir Ryanair en dénonçant un soi-disant « travail dissimulé », attaque motivée par le fait que le personnel de Ryanair basé à MP² soit sous contrat irlandais, donc non assujettis aux cotisations aux organismes sociaux.
Comme à Strasbourg, Ryanair pourrait donc décider de quitter Marignane, ce qui réduirait à néant les efforts constitués jusqu’à présent pour faire de Marseille une véritable métropole à dimension européenne. Mais si l’Irlandais est critiqué pour ce qui est considéré par le grand public comme du chantage, que penser de l’habile de manœuvre d’Air France à seulement 3 ans de 2013 ? La compagnie française, si elle réussi son coup serait alors la seule à se partager le gâteau que représente Marseille-Provence 2013, capitale de la culture européenne… Alors qui est le méchant dans tout ça ?
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