Marseille : la police de la propreté ne veut pas se salir

Voilà un bon mois que plus personne n’a aperçu leur uniforme bleu dans le centre ville marseillais. C’est pourtant principalement dans le centre-ville, entre la place Castellane et le cours Belsunce, qu’ils sont habilités à agir ; Mais avec les grèves des déchets que connaît actuellement la ville, il semblerait bien que la police de la propreté ait peur de se salir…

Présentée en mars 2009 comme LE dispositif ultime pour garantir la propreté de la ville du centre-ville, la brigade de la propreté a été instaurée par la communauté urbaine MPM, bien qu’en réalité seule le maire dispose du pouvoir de police. Mais passons sur ces considérations politiques, et étudions plus en détail leur véritable mission.

Ainsi, en avril 2009, après un mois de préparation et de prévention, un article dans La Provence expliquait en quoi allait se jouer le rôle de cette très spéciale police de la propreté : « Les agents traquent tous les « champions » de l’incivisme : ceux qui jettent des papiers en dehors des poubelles, ceux qui laissent leur chien se soulager au coin de la rue, ceux qui laissent leur mégot se consumer sur le trottoir, mais aussi les commerçants qui ont tendance à encombrer les conteneurs avec leurs montagnes de cartons ».

Mais le système semble comporter quelques failles et injustices, si l’on en croit Jean-Claude, interviewé sur RMC, qui racontait en mai 2009 qu’il s’était pris une amende pour avoir jeté les ordures ramassées devant sa boutique, déposées là par quelques indélicats pendant que les agents de la police de la propreté dormait à poings fermés.

Et il semblerait que plus d’un an après sa mise en place, malgré les félicitations et autres accolades qui ont pu s’échanger au siège de MPM à l’occasion du premier anniversaire de la police de la propreté, les choses ne se soient pas améliorées. C’est cette fois-ci un particulier, habitant près du Vieux-Port, qui raconte l’inadéquation de cette police…

Aujourd’hui j’ai payé 35 euros pour avoir jeté un carton dans une poubelle. Le dit carton était non-conditionné. Et oui, à Marseille [ou du moins dans le centre-ville] il faut conditionner les cartons avant de les jeter. Même les cartons de la taille d’une boite de chaussure ? Oui, si votre nom est étiqueté dessus.
Quelle belle police de la propreté, qui n’ayant rien d’autre à faire dans cette ville si propre, en est réduite à ouvrir et fouiller les poubelles de ses habitants !

J’ai donc écrit pour contester non pas le PV, mais pour souligner l’absurdité de cette contravention ; il parait ubuesque en effet de mettre une contravention pour un carton jeté au fond d’une poubelle Marseillaise, quand les rues elles-mêmes sont jonchées d’encombrants. Ne devrait-on pas en priorité s’attaquer à ce genre de pollution, avant d’aller fouiller les « postes fixes » ?

En réponse, la marionnette bureaucratique agitée par de petites mains anonymes, a répondu que “cette contravention sur la forme et le fond était réguliers, conformément aux textes et à la jurisprudence en vigueur”.

Je suis alors sorti manger dehors pour me changer les idées, suite à cette réponse consternante mais prévisible. Quelle réjouissance d’admirer alors ma « propre » rue… Pour ceux qui ne connaissent pas Marseille, il faut le voir : constatons que la règle est de jeter ses poubelles en dehors des poubelles, en enlevant bien sûr son nom ! Pas dedans, au risque d’être verbalisé. Quel con je fais !

Je n’ajouterais pas que j’ai payé une taxe foncière en hausse de 25% principalement pour soutenir le secteur de la propreté…

Un excès de zèle d’autant plus absurde qu’à ce jour, alors que la logique voudrait qu’on limite le dépôt d’ordure au vu du contexte social, la brigade de la propreté n’intervient plus. Les poubelles s’entassent, les rues ne sont plus nettoyées, mais les propriétaires indélicats de chiens et autres fumeurs ne devraient plus être inquiétés ?!? Mais que fait la police ???

lemarroneur