Mon beau sapin, roi des trottoirs marseillais

Comme tous les ans, une fois les fêtes terminées, les carcasses de sapins de Noël font leur apparition dans les rues marseillaises. Et malgré les bonnes résolutions de chacun, 2011 n’a pas dérogé à la règle : jetés simplement sur le bitume, débordant des poubelles au milieu des autres ordures ménagères, ou trainant à proximité des containers de recyclage (on ne sait jamais !) les premiers sapins ont commencé à se montrer sur les trottoirs marseillais à peine 10 jours après Noël.

On reconnait bien là la nonchalance si typiquement marseillaise, frôlant même la notion d’irrespect. Et je ne parle pas encore d’écologie, mais de simple sens pratique : c’est à même le trottoir, juste devant la porte des immeubles, contre les portières des voitures garées le long de la rue, que certains sapins ont été abandonnés, au mépris du passant obligé souvent de contourner l’obstacle par la chaussée.

Ceci étant, à la décharge des Marseillais, il faut bien reconnaître que MPM n’a pas été d’une efficacité redoutable sur ce point, surtout connaissant ses sujets indisciplinés. Car si des moyens de collecte ont bel et bien été mis en œuvre, je me demande à quel point ils ont remplis leur fonction…

La Communauté urbaine Marseille Provence Métropole a mis en effet cette année à disposition des habitants du centre-ville de Marseille deux bennes stationnaires par jour pendant une semaine afin de faciliter la collecte des sapins de Noël. Ainsi, du samedi 8 au samedi 15 janvier, de 9 h à 17 h, un agent de la propreté et un écoambassadeur de MPM réceptionnaient en divers endroits du centre-ville les sapins des riverains pour en assurer ensuite leur évacuation vers une déchetterie. Autrement dit, pour peu que vous soyez au chômage et disposé à partir à la recherche de ses bennes, vous pouviez jeter votre sapin de Noël la conscience tranquille. Quant aux travailleurs ? Condamnés à attendre le samedi et à traverser le centre-ville leur sapin sur l’épaule.

Soulignons que cette mesure, assez succincte, n’était destinée qu’aux habitants du centre-ville. Les habitants des quartiers périphériques de Marseille étaient quant à eux implicitement invités à aller déposer leur sapin dans la déchetterie la plus proche. Dans ces conditions, qui, à part les écolos inconditionnels, ferait l’effort d’embarquer un sapin perdant toutes ses aiguilles dans sa voiture pour se farcir un samedi matin les embouteillages, direction une déchetterie en bordure de ville ?

Certes, les plus engagés d’entre eux me répondront qu’il existe des sacs à sapin qui permettent d’emballer son arbre de Noël pour le jeter plus facilement. Ce à quoi je rétorquerai que 5€ le morceau de plastique au Monoprix du coin reste une véritable arnaque, même si l’on essaye de nous faire passer la pilule en stipulant qu’un ridicule pourcentage est reversé à Handicap International : parions que ceux qui vendent ces sacs en récoltent bien plus que les 26% du prix reversés à l’association…

Inutile donc de s’étonner si les Marseillais cherchent à faire au plus court : rien n’est vraiment mis à leur disposition pour les encourager à faire un petit effort, malgré les belles paroles de MPM qui promet depuis des années des rues propres et des (éco)citoyens responsables…

Heureusement, tous n’attendent pas après MPM pour trouver la solution idéale, comme le montre la vidéo ci-après. Mais en attendant de vraies mesures et la systématisation d’initiatives telles que celle d’Ikea, voilà que beaucoup trop de nos sapins, après avoir été décorés et vénérés pendant Noël, finissent abandonnés sur le trottoir, loin de leur environnement naturel, attendant de subir le triste sort d’être broyé dans un camion-benne… Vous avez dit société de consommation ?

lemarroneur