Marsatac 2011 : la révolte positive d’un festival à Marseille

Si Marseille est réputée pour son manque d’événements culturels à grande échelle, il faut reconnaître que la ville commence à se défendre avec deux festivals incontournables. Il s’agit bien sûr de la Fiesta des Suds, qui a d’ailleurs lieu très prochainement, et de Marsatac, qui pour cette treizième édition a fait preuve d’une extrême maturité.

Ma dernière participation à ce festival remonte à l’époque où il se situait encore sur le J4, dans de grands chapiteaux sous lesquels la chaleur était insoutenable. Je me rappelle d’ailleurs qu’au son de Vitalic, toute la sueur que la foule pouvait dégager se condensait sur la toile cirée pour nous retomber dessus sous la forme de gouttes… Erk !

Fort heureusement, depuis l’an dernier, le festival Marsatac se déroule à la Friche Belle de Mai, un lieu passionnant qui se prête bien mieux à ce type de festival aussi éclectique que déjanté…

Mais laissons Lucie, photographe prometteuse accréditée Marsatac (moi, jaloux ??), nous conter sur Marseille [part] en live ! son expérience au cours des trois soirées endiablées du festival…

Un succès : c’est le moins que l’on puisse dire. 4 scènes, 3 jours, une quarantaines d’artistes, et 23 000 personnes qui ont pu profiter du spectacle. A l’entrée, la billetterie était fermée et affichait « complet », pas de chance donc pour les retardataires mais il fallait s’y attendre, avec une aussi belle programmation.

Comme toutes les années, une palette musicale diverse a fait vivre le festival. Hip hop, rock et cette année beaucoup d’electro (comme le veut la tendance actuelle), il y en a eu pour tout les goûts : The shoes, The do, Africa Hitech, Stupelfip, Xzibit, Chinese man, Kanka, Skip in Use, Cascadeur, Modeselektor, Housse de racket, … et j’en passe. Les salles étaient combles, il fallait se placer à l’avance pour assister aux concerts.

Pour ma part je retiens quelques découvertes comme le groupe Death in Vegas qui m’a transportée dans un univers parallèle planant. Et Yuksek que j’ai pu découvrir plus en détail, en dehors le fameux morceau « Tonight ». Ils ont relancés mon énergie avec leur dynamisme et leurs morceaux entraînants,  je me suis donc placée devant la scène avec mon appareil photo pour faire quelques clichés.

Ce que j’aime dans la photo de concert, c’est cette concordance musicale et photographique. On doit être très attentif au son et à la lumière, qui sont souvent rythmés ensemble. On s’imprègne donc de la musique et des jeux des musiciens pour être prêt à déclencher au bon moment et faire de belles images.

Marsatac a affiché clairement cette année son caractère subversif sous le signe de la rébellion. « Riot ». La rue intérieure animée par le groupe Creators Project n’a cessé de déclencher des réactions chez les festivaliers, souvent agacés par les ordres énoncés en boucle par une voix féminine robotisée. Mais ne serait ce pas le but souhaité par les organisateurs du festival ? Faire réagir !

A quelques pas de là, je croise un groupe de personnes rassemblées autour d’un objet étrange qui semble cette fois les amuser. Un lance pierre à SMS se nommant SMSlingshot. Les festivaliers ont pu alors s’exprimer en lançant leurs messages, a priori de révolte sur les murs de la Friche de la Belle de Mai.

Les trois soirs du festival ont donc été bien remplis, je suis allée de lieu en lieu, de rencontres en rencontres tout au long des soirées. Un festival qui s’impose maintenant comme l’un des plus grands de la région et qui risque, si le phénomène se propage, de manquer d’espace.

C’est la troisième année que je participe en tant que photographe au festival et je m’éclate toujours autant. Musique et photographie continueront longtemps à rythmer ma vie et Marsatac, je l’espère, continuera à faire partie de mes escales musicales et photographique préférées.

Et je l’espère aussi, bien que n’ayant assisté qu’à la dernière des trois soirées.

Ce que j’en retiens pour ma part ? La prestation de Skip The Use, jeune groupe complètement incontrôlable qui m’a fait vivre 45 minutes de folie, la prestation de Death In Vegas, effectivement très planante mais terminée en beauté avec leur célèbre Your hands around my Throat, et bien sûr Yuksek, dont je ne me lasserais jamais du titre qui les a révélé au grand public, Tonight, qui a pour ma part clôturé ma participation à ce festival.

Et puis il y a ceux dont on ne parle pas, mais qui ont grave assuré. Je pense notamment au collectif Vélo en ville qui mettait à disposition et gratuitement un parc à vélo pour ceux qui se rendaient au festival Marsatac en pédales. Suite aux conseils du site de Marsatac, c’est effectivement le moyen de transport que j’ai choisi, et je ne peux que reconnaître la gentillesse et la proximité de ces bénévoles qui ont fait preuve d’un esprit d’initiative appréciable, surtout dans une ville comme Marseille…

Et ne manquons pas de terminer cet article par un extrait du live des Death In Vegas en pleine prestation artistique à l’occasion de ce très bon Marsatac 2011, histoire de rester sur une note plus que positive…

Death in Vegas – Dirge – Live (Marsatac 2011) par sourdoreille

Photos : Lucie Berthon

lemarroneur