Gari Grèu en concert au Paradox, ça lézarde pas !

Il n’est pas un Marseillais qui ne le connaisse pas. Chanteur chez Massilia Sound System, puis plus tard aux côtés de Lux B fondant ainsi les Oaï Star, Gari Grèu se lançait hier de ses propres ailes au Paradox, du côté de la Plaine. Ou plutôt de ses propres écailles, puisque ce concert annonçait le démarrage de la tournée de lancement du tout nouvel album solo de Gari Grèu, j’ai nommé Camarade Lézard.

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Un événement attendu par les fans inconditionnels du MC, alertés via sa page Facebook, qui, dès 20h30, envahissaient déjà la salle du Paradox au son du cri de ralliement officiel : « AÏOOOOOLIIIII !! ». Tout en dévalisant au passage le bar, brillamment positionné entre l’entrée et la scène…

Et c’est aux alentours de 22h que Gari, chapeau fixé sur la tête, est enfin apparu, entouré de ses quatre musiciens, entamant la soirée au son de son titre Les Cheminots de Sainte-Marthe. Le temps de jeter le pastis par derrière la cravate et de remonter la foule afin d’atteindre le devant de la scène, le voilà qui enchaînait sur L’employé (oui, celui qui est mal payé) puis, non sans une touchante dédicace à sa chère et tendre, sur Je fais ce que tu veux.

Quelques plaisanteries, quelques nouvelles chansons extraites de son album (Camarade Lézard, Fais semblant, …), quelques dédicaces aux membres de la Chourmo, et le voilà qui semble prendre complètement ses marques, intercalant ça et là quelques succès des Oaï Star (« Chééééérie, faut faire la vaisseeeeelle, chérie, et le ménage aussi ! »), sagement distillés entre ses propres compositions mélodiques et entraînantes, posées, matures.

Après un sondage sans équivoque au sujet des préférences du public entre le rhum et le « jaune », le voilà qui repart de plus belle, avec notamment le tout premier extrait issu de son album, Et si on était…. Certainement le titre que je préfère le plus dans cet album Camarade Lézard, avec Les arbres du Parc [Longchamp, NDLR], peut-être justement aussi parce que c’est mon quartier.

Et voilà qu’au terme de deux heures de festivités intervient le dernier titre, et non des moindres, Faut pédaler. Gari s’apprête alors à se retirer, quand il se ravise face à la foule qui en redemande. « Mais c’est la setlist qu’on va jouer à Paris, pourtant ! » lance-t-il. « Vous en revoulez ? » Et il ne peut que céder à la foule en entonnant un déjanté And I smoke…, autre titre connu des Oaï Star, au terme duquel il se voit ovationné par la foule scandant son nom.

Sensible, il préfère alors détourner l’attention et adresser ses pensées à son camarade Lux B, prouvant par là-même que si le Lézard est l’emblème de son premier album solo, l’animal n’est pour autant pas doté d’un cœur de reptile. Et quoi de mieux qu’interpréter Les Fracas de la Plaine pour ce vibrant hommage ?

À la tienne,
Que la vie et le vent nous entraînent,
À la prochaine,
Que la vie nous laisse un peu de temps.

Des oiseaux à la Plaine,
Il n’y en a plus tellement,
Quand il y en a un qui traîne,
Il reste pas longtemps.
Il chante « à la prochaine »,
et s’envole en riant.
Quand je dis « à la tienne »,
J’y pense tout le temps.

Mais Gari, si des oiseaux à la Plaine il n’y en a effectivement plus tellement, sache qu’on s’est régalé hier soir d’en voir un y prendre son envol. Alors « à la prochaine », et merci pour ces bons moments durant lesquels nous étions loin de lézarder !

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