Au long du canal de Marseille : l’aqueduc de Roquefavour

Décidée en 1834 pour mettre fin aux épidémies de choléra, la construction du canal de Marseille a été votée le 4 juillet 1838 par le maire de l’époque Maximin Consolat qui déclara : « L’exécution du canal est une décision irrévocable : quoi qu’il advienne, quoiqu’il en coûte, le canal s’exécutera. »

C’est en 1843 que les travaux débutèrent, avec pour objectif de ramener l’eau de la Durance jusqu’à Marseille (1849) puis La Ciotat et enfin Cassis (1883).

Canal de Marseille

Source : Gombertois (www.gombertois.fr)

Oeuvre de l’ingénieur des ponts et chaussées Frantz Mayor de Montricher, les travaux mobilisèrent plus de 5000 ouvriers qui construisirent le canal de Marseille sur une longueur de 195 km au travers du terroir Marseillais jusqu’au Palais Longchamp (pour la desserte de Marseille), au gré d’une centaine d’ouvrages permettant de s’affranchir du relief provençal. Le canal de Marseille traverse en effet pas moins de 84 souterrains et 20 ponts-aqueducs, dont le plus remarquable reste certainement l’aqueduc de Roquefavour, situé du côté de Ventabren à quelques encablures d’Aix les Milles.

J’ai pour ma part toujours été impressionné par cet imposant édifice de pierre, digne des plus belles réalisations gallo-romaines. Mais ne nous méprenons pas, c’est bien au XIXe et non au Ier siècle que l’aqueduc de Roquefavour a été construit (1841-1847), ses concepteurs Frantz Mayor de Montricher et William Fraisse s’étant toutefois effectivement inspiré du Pont du Gard et de sa structure en voûtes sur trois niveaux.

Long de 393 mètres et haut de 82,7 mètres (soit quasiment deux fois plus haut que son antique homologue romain), il franchit en un même point la rivière de l’Arc, la voie ferrée Aix-Rognac ainsi que la route d’Aix-en-Provence à Berre. Facilement accessible depuis cette dernière, le sommet nord de l’aqueduc se gagne en l’espace d’une bonne vingtaine de minutes de marche sur un sentier escarpé, au long duquel vous pourrez d’ailleurs faire escale sur le premier niveau, le second étant quant à lui sécurisé au vu du danger représenté par son altitude.

Le sentier vous mène finalement jusqu’au plateau qui surplombe la vallée de l’arc, un peu plus haut que le sommet de l’aqueduc lui-même, offrant ainsi une vue « par dessus » de l’ouvrage, ainsi que sur toute la zone des Milles, le viaduc de l’Arc traversant la vallée un peu plus loin.

Ce point pourra être le départ d’une balade au long du canal de Marseille, qui vous mènera jusqu’à Ventabren voire jusqu’à Coudoux pour les plus téméraires, avant que le canal ne se perde dans plusieurs souterrains successifs en direction de Pelissane…

lemarroneur