Soirée d’ouverture Marseille-Provence 2013 : opération réussie !

Difficile de passer à côté tant les efforts de communication de la ville se sont intensifiés ces dernières semaines : le weekend des 12 et 13 janvier marquait cette année l’ouverture de Marseille Capitale Européenne de la Culture, et il faut reconnaître que malgré le scepticisme des Marseillais, dont moi-même, cette inauguration MP2013 était finalement… des plus époustouflantes, pour confirmer les dires de Pedro et Anaïs ou encore ceux de Lagachon !

Les Marseillais au rendez-vous

C’est au Vieux-Port que j’ai commencé les festivités, descendant à pied la Canebière, réfléchissant encore à quelle Grande Clameur j’allais bien pouvoir assister. Quelle ne fut pas ma surprise de constater l’esplanade toute neuve du Vieux-Port bondée comme jamais ! Les Marseillais semblaient s’être mobilisés en masse pour l’occasion, « du jamais vu depuis La Libération », en sachant qu’à l’époque le Vieux-Port n’avait pas encore été aménagé.

La grande clameur

Restait à choisir sa clameur, avec pas moins de 30 lieux pour entendre Marseille se soulever. Un choix difficile, qui s’est finalement soldé par une marche en direction du J4 et de son MUCEM, le long du quai du Port, afin d’aller assister à la clameur des passagers du Girolata, ferry appartenant à la Méridionale s’apprêtant à larguer les amarres en direction de la Corse. Mais pas sans faire entendre sa corne de brume ! Le navire et ses passagers s’en sont donné à coeur joie cinq minutes durant devant un J4 sur son 31, dans un vacarme tonitruant faisant vibrer la poitrine des spectateurs, alors que plus loin un concert de rock s’improvisait sous les voûtes de la Major.

Et soudain, le feu ! (d’artifice)

Le calme n’était pas revenu depuis quelques secondes que le coup d’envoi MP2013 été donné : de l’Estaque au Vieux-Port, le littoral marseillais s’est alors embrasé de gigantesques feux d’artifices. Féérique. On ne savait plus où donner de la tête, sous cette pluie de lumière et les détonations retentissant de part et d’autre. Sous le tonnerre d’applaudissements de milliers de Marseillais, je décidai alors de rejoindre à nouveau le Vieux-Port par le Panier. Je découvrais alors, du haut des marches de la rue Henri Tasso, la Bonne-Mère illuminée de blanc et bleu, au centre d’un ballet de puissants projecteurs. Quelques photos, un verre de vin chaud offert par une association du quartier, et je repartai en direction du Quai des Belges afin d’admirer les jets d’eau installés au milieu du Vieux-Port, au milieu d’une foule toujours aussi compacte, à tel point qu’il en était impossible de passer le moindre coup de téléphone, le réseau étant complètement saturé.

Animations en ville

Je décidai donc de m’éloigner de la cohue et de tirer un trait sur le spectacle de la Place des Anges sur le Cours Estienne d’Orves pour remonter le long de la République et gagner les Docks des Suds en suivant le tracé du tramway. A priori une bonne idée si j’en crois les divers témoignages que j’ai pu réunir par la suite, relatant l’extrême difficulté à se mouvoir dans la foule de la place Estienne d’Orves, même si le spectacle et son tourbillon de plumes semblaient valoir le détour (voir article de Pedro & Anaïs). Mes pas me menèrent néanmoins à la place Sadi Carnot plongée dans une étrange lumière bleutée, où des tailleurs de glace concevaient à la tronçonneuse toutes sortes de sculptures à même les blocs gelés. Un savoir-faire et des résultats surprenants, comme ces magnifiques méduses translucides que vous pouvez voir en photo ci-dessous !

En route pour La Nuit…

Je continuai ensuite mon chemin en direction de la Joliette, en traversant le Boulevard des Dames où se jouaient quelques animations et fanfares, avant de gagner les Docks, beaucoup plus calmes. Petite halte aux Archives et Bibliothèque Départementales Gaston Defferre, sur le parvis desquelles se représentait Paul Virgo dans un spectacle de musique, lumières et chorégraphies, puis reprise du parcours en direction des Docks des Suds, non sans rencontrer la troupe de sambistes Batucada Casa Do Samba, afin d’aller assister à « La Nuit », festival de concerts comme sait si bien le faire ce centre culturel incontournable, instigateur de la célèbre Fiesta des Suds. Et c’est ainsi au son de Bumcello puis d’un Jack de Marseille complètement électrisé que se terminait cette soirée d’ouverture complètement folle, qui aura vu les Marseillais se réapproprier les espaces publics de la ville.

La Libération de Marseille à l’Europe ?

Et justement, 2013 ne serait-elle pas l’année d’une nouvelle forme de libération ? Celle d’une métropole prisonnière de son image péjorative, celle d’une ville empêtrée dans ses mentalités méditerranéennes, celle d’une région enfermée entre mer et montagnes, qui voit enfin sa chance de s’ouvrir à l’Europe toute entière, qui voit enfin une opportunité de se hisser au rang d’une Capitale digne de ce nom ?

Une libération qui se bâtit patiemment en réalité depuis des années : il aura fallu dans un premier temps désenclaver le territoire par la mise en place d’infrastructures telle que l’aéroport de Marseille et son terminal MP² rendant la cité phocéenne accessible à toute l’Europe, via des vols pas chers et réguliers. La ligne TGV PLM (Paris-Lyon à Marseille-Saint-Charles) aura elle aussi contribué à l’ouverture du territoire à l’Europe via Paris.

Il aura également fallu reconstruire d’un point de vue économique et urbanisme une ville trop longtemps abandonnée par ses représentants politiques. Une transformation que les Marseillais payent au prix fort, à raison de taxes d’habitation gonflées à bloc et d’un quotidien fait de grues, de lignes jaunes et de chantiers.

Et, dernier pan de cette libération, échanger sur le plan culturel avec l’Europe, comme Marseille l’a fait dans le temps avec la Méditerranée, comme le chante justement Gari Grèu avec son titre Export-Import, hymne de Marseille-Provence Capitale Européenne de la Culture 2013. Et si l’on en croit les 450 000 personnes qui étaient présentes ce soir là, il semblerait que les Marseillais, les vrais, soient prêts à faire le pas.

Considérons donc que cette soirée d’ouverture était un moyen de nous remercier pour nos concessions, nos efforts, et rendez-vous au mois de juin pour voir se concrétiser cette aventure !

lemarroneur