Défilé de l’OM : Zarafa victime des affrontements

Ce qui devait être la victoire de tout un peuple est devenu la honte de tout un peuple. Alors que l’euphorie était à son comble sur le Vieux-Port pendant la parade des joueurs de l’OM, les casseurs sont venus jouer les trouble-fêtes, comme c’est malheureusement trop souvent le cas à Marseille.

On se souviendra notamment des affrontements entre les supporters du PSG et de l’OM, il y a quelques mois de cela. On aurait pu alors, avec la mauvaise foi qui nous est propre, mettre la faute sur les supporters parisiens qui avaient déclaré ouvertement être descendus pour se battre malgré le risque d’annulation du match. Mais force est de reconnaître qu’à Marseille aussi on peut faire preuve d’une extrême stupidité.

Comme expliqué hier, la célébration de l’OM a rapidement tourné à la débâcle quand des groupes isolés de pseudo-supporters ont commencé à provoquer les CRS, en leur lançant des canettes de bière et autres projectiles. Il n’en fallu pas beaucoup plus pour que les CRS mènent les premières charges et procèdent aux premières interpellations, achevant de disperser la foule. Le Vieux-Port et la Canebière sont alors devenus de véritables scènes de guérilla : poubelles en flammes, épaisses fumées dans les rues, jets de pierres, de bouteilles en verre, cavalcades, sirènes, …

Acculés par les CRS, les pseudo-supporters ont remonté toute la Canebière ainsi que le boulevard de la République, pour se réfugier au palais Longchamp. Laissant derrière eux une victime particulièrement notoire sur La Canebière : Zarafa, la girafe des livres, une sculpture construite en livres de poche. Les pages des ouvrages constituant la “peau” de l’animal auront constitué un bon combustible, la girafe étant désormais réduite à son simple squelette de métal.

Telle une scène de crime, la zone sinistrée fut délimitée par des grilles et des cordons rouge et blanc, tandis qu’à l’image des Experts, deux membres de l’association Art Book Collectif, à l’origine de l’œuvre, s’affairaient autour de la carcasse brûlée. A l’extérieur des grilles, les passants s’arrêtaient, médusés, stupéfaits, découvrant la girafe calcinée. Puis la surprise laissait place à des mines attristées, offusquées, crédules, certains lui rendant un dernier hommage en espérant sa reconstruction prochaine, d’autres se laissant emporter par la colère et lançant des commentaires acerbes face à une telle marque d’irrespect.

Car avec cette girafe, c’est tout un symbole qui a été détruit ; celui d’une culture souillée, méprisée, tuée. Des milliers de mots partis en fumée, une culture envolée, comme pour illustrer le niveau d’intelligence des délinquants à l’origine de cet acte de vandalisme. Alors à quoi bon continuer à écrire ce blog pour défendre l’image de la ville quand de tels actes sont observés ? Marseille, en passe de devenir la capitale européenne 2013 de la Culture va devoir retrousser ses manches. Car il y a encore beaucoup de chemin à parcourir.

Pour déposer des livres : directement à la mairie du 1er et du 7e arrondissement, ou au centre d’animation jeunes, au 6/8 rue Sénac de Meilhan dans le 1er.

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