Léo Loden, un héros de BD à Marseille

“Être accusé d’une bavure alors qu’on a tiré en l’air, ça énerve. Alors on quitte la PJ et on devient un privé. Même si le milieu n’est plus ce qu’il était. Même si Marseille a oublié Pagnol. Même si on a dans les pattes un tonton loufoque. Être flic, c’est comme manger des cacahuètes : c’est dur d’arrêter.”

C’est en ces mots qu’est présentée la série BD Léo Loden, un privé à Marseille, vieux souvenir de jeunesse avec qui j’ai eu récemment l’occasion de renouer, pour mon plus grand plaisir. Ancien commissaire de la PJ marseillaise, Léo Loden quitte l’Évêché pour un appartement tranquille du côté du cours Julien. C’est aux côtés de son oncle Loco, un ancien marin complètement loufoque et de sa compagne Marlène, commissaire au caractère explosif, que le détective parcours inlassablement Marseille et ses environs au volant de sa Jeep rouge afin d’y mener des enquêtes parfumées d’anis et de thym.

Tantôt pris dans un incendie au pied de la Ste Victoire, tantôt coursé par des cavaliers en plein Parc Longchamp, tantôt engagé par Bernard Tapie en personne, le personnage de BD évolue dans des illustrations remarquablement fidèles des différents quartiers marseillais. Très jeune déjà, j’étais stupéfait de reconnaître la passerelle de la Joliette ou encore le Vieux-Port dans les illustrations de Serge carrère, dessinateur de la BD.

Mais plus que de simples illustrations de Marseille, Léo Loden est une série BD ou le polar et l’humour cohabitent pour un cocktail détonnant de cascades folles, loufoqueries drôles, et enquêtes à gros suspense, le tout ficelé avec des dialogues finement ciselés : Terminus Canebière, Adieu ma Joliette, Grillade provençale, Les sirènes du Vieux-Port, ou encore Vodka Mauresque sont quelques titres d’albums illustrant très bien l’esprit de la bande dessinée. Les fans de BD pourront d’ailleurs reconnaître l’humour léger de Scotch Arleston, le scénariste de la non moins célèbre BD Lanfeust de Troy !

Mais les auteurs ne sont pas chauvins pour autant : avec pas moins de 18 ou 19 enquêtes à son actif – j’ai de la lecture à rattraper ! – Léo Loden se voit également visiter un peu de pays : Nice, Toulouse, Lyon, Lille, … Chaque capitale française est l’occasion pour les auteurs de réaliser quelques comparaisons humoristiques avec la cité phocéenne : Fourvière, comparée à “la bonne-mère avec une Tour Eiffel à côté pour faire plus joli”, le Capitole décrit comme “la Canebière, mais de forme carrée”, …

BD adressée aux petits comme aux grands, Léo Loden est un véritable hommage à Marseille et à son identité culturelle… A découvrir d’urgence !

lemarroneur