À défaut de zoo à Marseille, découvrez la fauverie du Mont-Faron !

Qui a dit que la panthère noire des calanques n’était qu’une légende marseillaise ? Bon certes, après bien des déboires, il est apparu que ladite panthère n’était qu’un gros chat de 60 cm… De quoi faire le bonheur des médias, la réputation des Marseillais, et la déception des amoureux de l’ancien parc zoologique marseillais, qui aimeraient bien le revoir renaître.

Qu’à cela ne tienne, ces derniers pourront toujours se rendre à Toulon, à une heure de route de Marseille. Où plus précisément au sommet du Mont-Faron, cette montagne haute de quelques 584 mètres qui domine le tout-Toulon. Son sommet, assez plat, y abrite en effet, outre le Mémorial du débarquement en Provence, un zoo-fauverie spécialisé dans la reproduction des fauves.

Unique en France et en Europe, la fauverie du Mont Faron, appelée couramment Zoo du Faron, s’applique à veiller à la survie d’espèces en voie de disparition. Créé en 1968, le parc bénéficie aujourd’hui d’une renommé internationale, s’imposant comme leader français de la reproduction chez les grands carnivores. Une grande nouvelle pour moi, qui n’en connaissais même pas l’existence, malgré ma nature de Marseillais pur jus.

Et à ce titre, le parc propose aux visiteurs la possibilité de découvrir au travers de petites allées qui longent les différents enclos une grande diversité de fauves. La majorité sont de la famille des félidés : tigres, panthères d’Asie et d’Afrique, panthère des neiges, lynx d’Europe et du Canada, servals, pumas, jaguars, lions, ocelots, genettes, caracals, autant de gros, voire très gros chats, qui s’adonnent à la sieste sous les pins ou aux cent pas dans leur enclos. Mais on y trouve aussi d’autres carnivores tels les loups, hyènes, ours, ainsi que d’autres espèces plus “pacifiques” comme des lamas, des lémuriens, des ratons-laveurs et des singes.

De fait, si les 1,5 hectares du parc peuvent paraître minuscules en comparaison avec le zoo de la Barben par exemple, la visite n’en reste pas moins magique, tant chaque enclos offre son lot d’émerveillement. Bien sûr, il y a les lionnes (le lion semblait absent) qui se livrent à leurs rugissements impressionnants tandis qu’on essaye d’approcher l’objectif au plus près du mince grillage séparant le fauve de l’homme. Et le lionceau, dans un enclos à part, qui paraît aphone, mais qui sait malgré tout faire reculer les badauds par sa vivacité… Et le loup, qui se livre à ses hurlements caractéristiques, perché majestueusement sur son rocher. Ou encore ces deux bébés pumas, si mignons, consciencieusement protégés par leur mère. Et ces marsupiaux qui vous fixent de leurs grands yeux ronds orangés, tandis que ce gros matou tacheté, l’ocelot, chat sauvage d’Amérique du Sud, fait paisiblement sa sieste sans daigner tourner la tête vers les visiteurs…

Les horaires de visite pourraient quant à eux sembler plutôt restrictifs, du fait que la fauverie reste avant tout un centre de reproduction plutôt qu’un parc zoologique. Mais la promenade n’en est pas moins passionnante de découvertes ; qui se doutait qu’autant d’espèces félines existaient, parfois même à seulement quelques centaines kilomètres de la Provence, comme par exemple le lynx d’Espagne, de son nom nom scientifique Lynx pardinus ? Un pensionnaire de passage parmi tant d’autres, qui promet, comme ses confrères, des rencontres aussi bouleversantes qu’étonnantes. Même au travers de ces tristes grilles, qui justifient malgré tout une nécessité d’accompagner ces espèces dans leur processus de reproduction, et ce, afin d’éviter l’extinction de la race…

La rencontre avec ces félins d’exception et la vue imprenable sur la rade de Toulon suffisent à justifier les 9€ que coûte la visite, et les éventuels frais de péage. A faire sans hésiter. Émotions garanties !

lemarroneur