Le Vélo à Marseille : mode d’emploi d’un moyen de transport peu commun

Vous en aviez rêvé, le Marroneur l’a fait. Quatre ans après leur mise en place sous le regard interloqué des Marseillais, voilà que j’ai sauté le pas. Il aura fallu le déménagement de mes locaux professionnels près d’une borne de vélos pour que je m’intéresse à la chose au point de glisser ma carte bleue dans la fente et prenne un “abonnement courte durée” avant d’enfourcher la bête… Et vous ? Avez-vous déjà essayé le Vélo à Marseille ? Suivez le guide !

0. Préalable : repérage d’un vélo en bon état

Vous le constaterez certainement après votre toute première location (notamment en cas de mauvais choix), le premier réflexe à avoir est de repérer, avant même de vous rendre à la borne de location, le vélo que vous voudrez emprunter. En effet, cette question étant posée durant le processus de location, il vous faudra connaître la réponse d’avance afin de réduire le risque de choisir un mauvais vélo (roue crevée notamment) et de devoir recommencer le processus.

1. Contraction d’un abonnement “courte durée”

Une fois votre vélo repéré, retenez le numéro de la borne magnétique et rendez vous devant la borne de location à écran tactile. Une succession d’écrans vous demandera si vous êtes un abonné courte/longue durée ou si vous souhaitez prendre un abonnement. Pour ces quelques premiers tests, j’ai pour ma part opté pour l’abonnement courte durée : valable une semaine, celui-ci coûte un euro, propose le vélo gratuitement pour la première demi-heure de chaque location, puis 1 € par demi-heures supplémentaires. Idéal donc pour mon trajet quotidien qui me prend en métro comme en vélo 25 minutes (cherchez l’erreur !).

Le choix d’un abonnement courte durée vous conduira à la sélection d’un mot de passe de votre choix, qui vous permettra de sécuriser votre abonnement et ainsi éviter que quelqu’un se serve de votre carte en cas de perte ou de vol.

Enfin, après acceptation des conditions de location de vélo (qu’il est impossible de lire en intégralité à tel point qu’un bouton “Fin du texte” vient compléter les deux boutons “haut” et “bas” permettant de naviguer entre les paragraphes et alinéas), la contraction d’un abonnement de courte durée vous demandera d’insérer votre carte bancaire pour une caution de 150 €, qui n’est cependant pas retirée de votre compte. Au terme de cette étape, une carte sur papier vous est délivrée, figurant notamment une bande magnétique ainsi qu’un code QR.

2. Location d’un vélo

Bien sûr, le système n’est pas exempt de dysfonctionnements variés et divers. L’exemple le plus flagrant étant celui où la borne de location vous indique qu’il n’y a plus de vélo disponible dans cette station, alors que vous voyez très bien les deux vélos attachés aux bornes magnétiques sous votre nez. Néanmois serviable la borne vous proposera de consulter les stations voisines… et ne trouve aucun résultat malgré la proximité effective d’au moins deux stations.

Mais cela fait partie du folklore marseillais, rien de très grave. Toujours est-il que mis à part ces quelques bugs, la location d’un vélo est extrêmement simple : vous insérez votre carte d’abonnement courte durée dans la fente, la retirez (ce qui peut paraître illogique mais néanmoins nécessaire pour que l’écran tactile vous donne la main), saisissez votre code secret et choisissez le numéro de borne magnétique sur laquelle le vélo choisi en amont de l’opération est verrouillé.

Vous disposez alors de 60 secondes pour aller détacher le vélo de sa borne. Un simple appui sur le bouton vert suffit à désenclencher le système et à libérer le vélo de la borne magnétique.

Vous avez oublié de vérifier en amont le vélo que vous vouliez emprunter et êtes tombés sur un vélo crevé ou abîmé ? Pas de problème, il vous est tout à fait possible de retourner à la borne de location dans le délai des 60 secondes imparties pour demander une autre monture.

3. Rouler en vélo à Marseille

Vient la partie la plus “sportive”. Selle très facilement réglable et guidon ergonomique sont néanmoins contrebalancés par une suspension inexistante. Mieux vaut se mettre debout sur les pédales selon les rues que vous serez menés à parcourir, étant donné l’état du bitume à Marseille. Par ailleurs, doté de trois vitesses seulement, le VTC est d’une extrême lourdeur, rendant tout freinage très long et toute ascension très pénible. Vous l’aurez compris, dans la mesure où démarrer à un feu sur le boulevard Baille est déjà un défi, il est fortement déconseillé de grimper (ou de descendre) la Bonne Mère au moyen du vélo marseillais.

Reste le danger représenté par le trafic. Car depuis mon dernier article sur le sujet, 3 ans en arrière, le nombre de pistes cyclable à Marseille n’a pas bien évolué. Ainsi, si les avertissements sur le guidon indiquent que “pour notre sécurité” il est interdit de rouler sur les trottoirs, je pense à l’inverse que nous y sommes davantage en sécurité qu’en plein boulevard Sakakini. Il va de soi cependant que par égard aux piétons, mieux vaut rouler à allure modérée et privilégier les larges trottoirs. Ou alors les petites rues, au risque de vous retrouver avec 3 voitures derrière vous impatientes de vous doubler.

4. Restitution du vélo

A l’image du déverrouillage du vélo, la restitution du VTC sur une borne magnétique est également très simple, si toutefois la station à laquelle vous comptiez rendre le vélo dispose de bornes libres. Enclenchez simple l’ergot en métal dans le réceptacle magnétique de la borne, patientez 5 secondes et le voyant lumineux de la borne se met à clignoter, accompagné d’un bip sonore. Comme indiqué sur la borne, ces signaux signifient que le vélo a été correctement verrouillé. Parfait !

Sauf qu’à peine après avoir tourné les talons, le bip sonore retentit de nouveau, histoire de faire naître comme un léger doute dans votre esprit. Inquiet (vous songez à votre caution de 150 €), vous ne pourrez vous empêcher de revenir auprès de votre vélo et d’essayer de le détacher pour voir si tout va bien. Finalement, c’est perplexe que vous finirez par vous éloigner de la station, le bip continuant à se manifester…

5. Impressions à propos du vélo marseillais ?

Il faut reconnaître qu’à cette époque de l’année et l’été n’étant pas encore trop caniculaire, il est agréable de circuler en ville en deux roues, sans être dépendants des sautes d’humeur des employés de la RTM. Emprunter les petites rues permet de flâner et de découvrir des petites choses que l’on ne peut pas voir en voiture. Emprunter les grandes artères relève en revanche de la plus grande prudence, scooters et voitures vous doublant de manière incessante. Il est pour ma part tout à fait envisageable que je renouvelle l’opération, du moins jusqu’à ce que je m’équipe moi-même d’un vélo plus confortable !

Et vous, quelles sont vos impressions sur ce mode de transport peu commun à Marseille ?

Pour plus d’informations sur les abonnements, tarifs et l’utilisation du Vélo à Marseille : www.levelo-mpm.fr

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